La nouvelle passion des réseaux sociaux pour les applications d’information

Le premier trimestre 2014 voit une importante activité sur les plateformes de vente digitales. Au centre de ces actualités, les rapports entre réseaux sociaux et applications d’information. Facebook et Paper, Flipboard et Zite ;  Les réseaux sociaux s’offrent tour à tour leur magazine enrichi. Mais, si pour les médias ce nouveau débouché semble avantageux, il n’en est pas forcément de même pour les utilisateurs.

Application Flipboard (crédit photo : Anthony Quintano)

Application Flipboard (crédit photo : Anthony Quintano)

Entrée en bourse de Twitter, Achat exorbitant de WhatsApp par Facebook, les réseaux sociaux font régulièrement la Une des rubriques technologie ou médias, voir des médias eux-mêmes. Or les activités récentes des réseaux sociaux semblent aller dans la même direction : l’information. Facebook a d’abord lancé Paper,  son application agrégateur d’actualités, le 4 février 2014. Une application sous la forme d’un magazine digital, au contenu personnalisé en fonction des intérêts de l’utilisateur, qui suscite un engouement certain outre-Atlantique (Les Etats-Unis sont théoriquement le seul pays où l’appli est pour le moment téléchargeable). L’application consiste en un agrégateur de flux classique, avec une interface épurée et des contenus enrichis venant des sites d’information partenaires. Le lancement de Paper a tout du bon plan pour Facebook. Le réseau social diversifie ses activités. Mais en même temps,  il garde l’utilisateur « sous-contrôle » car l’application conserve le flux des amis Facebook et permet de publier sur le réseau social.

Flipboard, une réponse nommée Zite

Le concept d’agrégateur d’actualités n’est pas nouveau. D’autres applications se sont positionnées sur le créneau bien avant Paper. Flipboard d’abord, en décembre 2010. À mi-chemin entre le réseau social et le magazine agrégateur, l’application revendique plus de 8 millions de téléchargements après 2 ans d’existence. Plus récemment, Zite s’est engagée sur la voie avec succès. Une personnalisation plus précise des contenus par rapport aux intérêts de chaque utilisateur a permis à Zite de s’imposer comme un modèle du genre. Face à l’apparition de Paper et la réussite de Zite, Flipboard réagit. Le 5 mars, le patron de l’application magazine-sociale annonce, sur son blog,  l’acquisition de Zite, possédée depuis 2011 par la chaîne d’information américaine CNN, pour 60 millions de dollars (comprenant des futurs revenus publicitaires). L’application Zite disparaîtra. Ses équipes et sa technologies seront intégrées à Flipboard, tout comme les contenus venant de CNN.

Chance pour les médias…

Ces applications qui agrègent l’information semblent une aubaine pour les médias, notamment écrits. Le référencement des articles, basé sur les goûts des utilisateurs, permet un fort taux d’intérêt et de lecture. Par ailleurs, le format numérique engendre des contenus d’articles enrichis de photos, vidéos, sons. Le journaliste peut exprimer son propos avec de multiples possibilités. De plus, le journaliste peut aussi utiliser cet outil dans son travail. Les agrégateurs facilitent la veille et permettent un archivage des données après une recherche.

menace pour les utilisateurs ?

Mais pour tout utilisateur de ces applications, des limites, voire des menaces apparaissent. Tout d’abord, les algorithmes qui gèrent la recherche des articles ont tendance à limiter les contenus, selon certains observateurs. Ainsi, le militant internet Eli Pariser a notamment écrit un livre intitulé la bulle des filtres pour montrer le caractère restrictif des algorithmes de ces agrégateurs. Ensuite, et c’est sans doute une cause importante de l’engouement des réseaux sociaux propriétaires d’agrégateurs d’information, ces applications fournissent des données précieuses sur les utilisateurs. En fonction des recherches, des centres d’intérêts analysés par les algorithmes, les propriétaires de ces agrégateurs disposent de bases de données précises sur leurs clients. Et qui dit base de données, dit monétisation. Les annonceurs sont particulièrement friands de données sur les internautes. Ces données sont donc une source très lucrative de revenus publicitaires pour les réseaux sociaux.

L’intérêt de réseaux sociaux à forte puissance financière pour ces magazines numériques agrégateurs de contenus n’a donc rien d’étonnant. Ces applications pourraient bien relancer les médias écrits grâce à leur dynamisme de publication et la valeur ajoutée qu’apporte la sélection des algorithmes. Mais il faut se méfier des objectifs financiers de ces entreprises. L’accès aux données personnelles des utilisateurs est un levier de profit publicitaire important.

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