Fort McMoney crée un nouveau genre : le Jeu-documentaire

A mi-chemin entre le film, le web-documentaire et le jeu de gestion façon Simcity, Fort-McMoney s’est imposé comme la première plateforme d’un genre nouveau dans l’univers de l’information et du multimédia : le Jeu-documentaire. Le projet pharaonique propose une plongée dans la ville albertaine de Fort McMurray (Canada) pour comprendre l’ensemble des enjeux liés à l’extraction pétrolière des sables bitumineux. Une petite révolution dans la manière de transmettre l’information, qui engage profondément l’internaute.

Capture d'écran Fort McMoney

Capture d’écran Fort McMoney

Tout a commencé dans la cuisine de l’agence de production Toxa, en plein cœur de Montréal, en 2011. Ce jour-là, David Dufresne, journaliste français et réalisateur de web-documentaire (notamment Prison Valley), fraîchement installé dans la métropole québécoise, rencontre Philippe Lamarre et Raphaëlle Huysmans, de l’agence Toxa (maison de production de contenu télé et web). Le but de la rencontre ? Donner vie à l’idée un peu folle du journaliste français, à savoir mêler le documentaire et Simcity (le jeu vidéo de gestion de ville virtuelle), pour expliquer la situation de la ville pétrolière de Fort McMurray. Trois ans après ce premier échange, le « rêve un peu fou de David Dufresne » (dixit Raphaëlle Huysmans) a pris forme et connu un important succès.

La bande annonce de Fort McMoney

Information la semaine, Simcity le weekend

L’idée est de faire découvrir via un web-documentaire les différents aspects (social, économique, politique, environnemental) de la ville de Fort McMurray. Les internautes créent leur propre chemin de narration et d’information en choisissant d’entendre l’interview d’un personne ou d’un autre, de se rendre dans un lieu ou dans un autre. A la fin de la semaine, des questions sont posées à la communauté. Chacun peut débattre en se basant sur les informations qu’il a récoltées tout au long de la semaine. Des maitres de jeu relancent aussi le débat de manière récurrente. Les résultats du référendum impactent par la suite la ville de Fort McMoney, le pendant virtuel de Fort McMurray. Les utilisateurs se servent donc des informations réelles pour décider au mieux du sort de leur ville virtuelle.

Un projet pharaonique

Très vite, les instigateurs du projet se rendent compte de l’ampleur de la tâche. Ils ont besoin de ressources extérieures pour les accompagner. « On est allé trouver le financement grâce au fond des médias du Canada, les partenaires comme l’ONF (Office National du Film) et Arte » détaille Raphaëlle Huysmans. « Le projet s’articule autour de 8 heures de contenus, divisées en 4 semaines. Chaque semaine aborde une thématique différente », explique la productrice. Mme Huysmans énumère aussi les chiffres clés du projet.

En tout, une trentaine de personnes se sont investies pour réaliser Fort McMoney. Sur place, ils ont réalisé 55 interviews. Raphaëlle Huysmans estime aussi à 3000, le nombre d’heures de travail, uniquement pour le développement technique.

Le jeu, nouvelle façon de s’informer ?

375 000 joueurs, 7 000 arguments pertinents, une visibilité internationale, Fort McMoney est un succès au-delà des attentes de ses créateurs. « Rapidement on a été très surpris de la visibilité mondiale du projet, grâce aussi à nos partenaires, Le Monde.fr, Radio Canada et le global Mail entre autres », relate Raphaëlle Huysmans. Les semaines de débat, débutées en novembre 2013 sont terminées. Le jeu est dans sa phase permanente désormais. (Il est possible de visionner le web-documentaire, chaque semaine une question de référendum est encore posée) Pour la productrice, le plus surprenant, c’est l’engagement des internautes dans le débat. Un engagement qui montre que la « gamification » peut dans ce cas servir l’information. « Le jeu transforme le lectorat en acteur »,  expliquait l’auteur de Fort McMoney, David Dufresne à Télérama en novembre dernier. Raphaëlle Huysmans salue, de son côté, ce concept pour rendre accessible  et traiter de manière globale et en profondeur des cas complexes.

L’agence Toxa travaille d’ailleurs en ce moment sur deux autres projets de ce nouveau genre, preuve que le Jeu-documentaire a bien réussi son entrée dans l’univers de l’information.

Le making-off du projet

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