Le New York times se lance à l’assaut des téléphones mobiles

Toujours à la pointe lorsque l’on parle de nouveautés journalistiques, le New York Times ne déroge pas à la règle en lançant le 2 avril dernier NYT Now, son application mobile d’un genre nouveau. Rédaction dédiée, nouvelles pistes de financement, nouvelle cible, les moyens mis en œuvre sont important, et le projet ambitieux.

New York Times, Crédit Photo : Joe Haxor

New York Times, Crédit Photo : Joe Haxor

Ce mois d’avril 2014 est particulièrement riche pour le New York Times. La semaine dernière, le journal lançait the Upshot, son site de journalisme explicatif (dont Magali Homo vous a parlé). Mais le journal est rarement à cours d’idées lorsqu’il faut développer des nouvelles trouvailles journalistiques. Et cela ne lui fait pas peur de mener plusieurs projets de front. Ainsi, plus tôt dans le mois, le 2 avril pour être précis, le New York Times présentait sa nouvelle application NYT Now. Exclusivement disponible sur IPhone pour le moment, l’appli apparait comme un laboratoire sur plusieurs domaines : économique, d’organisation et d’audience.

Une rédaction dédiée

Du point de vue de l’organisation, c’est LA nouvelle retenue : une vingtaine de journalistes vont se consacrer au contenu de l’application. Une rédaction dédiée littéralement, comme l’explique Margaret Sullivan sur son blog associé au journal. L’application se démarque des articles de l’édition papier. Certains sont bien sûr accessibles, mais d’autres formats émergent également. Chaque matin et soir, les utilisateurs peuvent lire des « briefings », condensés des informations importantes de la journée en quelques paragraphes. Des « briefings » au ton moins littéraire, à l’image de billets de New York TodayLa rubrique « Our picks » offre aussi une curation de tweets, d’articles d’autres médias ou de citations sélectionnés par les membres de la rédaction.

Une exploration économique

Autre exploration, l’aspect économique. Le journal tente un double pari comme l’explique la bloggeuse Laura Hazard Owen. Ainsi, à l’heure où les médias s’interrogent sur la gratuité ou non de leur contenus sur le web, le New York Times tente le pari du payant. 2 dollars par semaine pour l’accès aux contenus du NYT Now, 8 dollars par mois, vu sous un autre angle. Une offre à 45 dollars par mois, pour l’accès à un bouquet d’applications du New York Times (dont NYT Now) est aussi envisagée. Des sommes conséquentes, d’autant que les contenus publicitaires seront aussi de la partie. Le journal insert, en seconde option économique, des « Natives ads », ces publicités en lien avec le contexte de l’expérience de l’utilisateur (les liens sponsorisés sur Facebook ou Twitter par exemple) qui ressemblent à des publireportages dans leur forme. Ken Doctor s’interroge tout de même sur le Nieman Journalism Lab. Ces deux sources de financement apparaissent comme un bon moyen de gagner de l’argent. Mais les utilisateurs répondront-ils présents ? Le prix est élevé et les utilisateurs ont l’habitude la gratuité sur le web. D’autant plus pour le public ciblé par le New York Times pour sa nouvelle application.

Nouveau genre, nouvelle cible

Car le journal a en tête une idée ambitieuse : détourner les jeunes des réseaux sociaux en les amenant sur son application. Une idée assumée par les dirigeants du New York Times et que résume Robinson Meyer sur le site The Atlantic. La partie curation de l’application fonctionne comme un fil d’actualité, semblable à celui de twitter, mais débarrassé des messages personnels des amis, le « junk » comme le dit M. Meyer. Ce concept d’information rapide et concise se développe sur les mobiles. Ces applications (comme NYT Now ou Wibbitz, dont vous pouvez découvrir la description sur le blog  de Lucas Colin) appartiennent au phénomène des «bite sized news». Les plateformes permettent de mieux « digérer » l’information, par des formats plus courts, accessibles de manière dynamique sur mobile. Les interrogations restent cependant nombreuses autours de ces nouvelles applications. Et si NYT Now reçoit de bonnes critiques de la part des observateurs, ce seront bien les utilisateurs, par leur adhésion, qui transformeront, ou pas, les expériences du journal en succès. Des utilisateurs prêts à payer 8 dollars par mois et délaisser leurs précieux réseaux sociaux ? A voir.

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